Tout le long de la rue, selon les mesures prises la veille dans le cabinet du préfet de police, les agents stationnaient. Il y en avait aussi aux fenêtres des maisons. Le cordon de surveillance s'étendait à droite et à gauche jusque dans les rues Saint-Jacques et de la Harpe.

On n'avait fait aucune démarche auprès du concierge de la maison, qui, sur l'invitation du cocher du cabriolet de place, monta au premier étage de la maison, frappa à la porte de Georges et cria, comme c'était apparemment l'habitude:

—La voiture de monsieur attend.

Georges était tout habillé et très abondamment armé, bien qu'aucune de ses armes ne fût apparente.

Il avait la main dans la main d'une femme toute jeune et adorablement belle, qui s'asseyait sur le canapé de son salon.

C'était une blonde dont les yeux d'un bleu obscur semblaient noirs au jour faux qui entrait par les fenêtres trop basses.

—C'est bien! dit Georges au concierge, qui redescendit l'escalier.

—Je crois, dit la blonde charmante, dont les beaux yeux nageaient dans une sorte d'extase, qu'il est permis de tuer par tous les moyens possibles l'homme qui fait obstacle à Dieu… Mais que je vous aime bien mieux, mon vaillant chevalier breton, dédaignant l'assassinat vulgaire et jetant le gant à la face du tyran!

—Je ne dédaigné pas l'assassinat, répondit Georges, je le déteste.

Il était debout, développant sa haute taille, trop chargée d'embonpoint, mais robuste et majestueuse.