Malgré son poids, qui devait être considérable, il avait, en Bretagne, une réputation d'extraordinaire agilité.
Sa figure était ouverte et ronde. Il portait les cheveux courts, et, chose véritablement étrange, conforme du reste à la chevaleresque témérité de son caractère, il portait à son chapeau une agrafe bronzée réunissant la croix et le coeur, qui étaient le signe distinctif et bien connu de la chouannerie.
La comtesse Marcian Gregoryi fit le geste de porter la main de Georges à ses lèvres, mais celui-ci la retira.
—Pas de folie! dit-il brusquement. Dès que le jour est levé, je suis le général Georges et je ne ris plus.
—Vous êtes, répliqua la blonde enchanteresse, le dernier chevalier. Je ne saurai jamais vous exprimer comme je vous admire et comme je vous aime.
—Vous m'exprimerez cela une autre fois, belle dame, repartit Georges Cadoudal en riant; il y a temps pour tout. Aujourd'hui, si vos renseignements sont exacts et si vos hommes ont de la barbe au menton, je vais forcer le futur empereur des Français à croiser l'épée avec un simple paysan du Morbihan… ou à faire le coup de pistolet, car je suis bon prince et je lui laisserai le choix des armes. Mais, sur ma foi en Dieu, le pistolet ne lui réussira pas mieux que l'épée, et le pauvre diable mourra premier consul.
Il jeta sous son bras deux épées recouvertes d'un étui de chagrin et poursuivit:
—Redites-moi bien, je vous prie, l'adresse exacte et l'itinéraire.
—Allez-vous tout droit? demanda la comtesse.
—Non, je suis obligé de prendre le capitaine L—— au carrefour de
Buci. C'est mon second.