Un trou s'ouvrait dans la serre de cette maison de la chaussée des Minimes: un lieu délicieux où restaient des traces de plaisir et d'orgies, un trou méphitique où de véritables monceaux de corps humains se consumaient, rongés par la chaux vive.
Tout cela était si invraisemblable et si fort que, vers le soir, Paris se mit à douter.
Il y en avait trop. Tout avide qu'il est des drames rouges ou noirs,
Paris, rassasié cette fois, se sentait venir la nausée.
Mais au moment où Paris, vaincu dans son redoutable appétit par l'abondance folle du menu, allait demander grâce et déserter le festin, un nouveau service arriva foudroyant celui-là, et si friand qu'il fallut bien se remettre à table.
Il ne s'agissait plus de cancans plus ou moins vraisemblables: c'était un fait, de la chair visible et tangible, morbleu! le résidu tout entier d'une épouvantable tragédie, le marc sanglant de tout un massacre!
Le théâtre où devait se faire cette exhibition eût-il été à dix lieues des faubourgs, que Paris eût pris ses jambes à son cou.
Mais le théâtre était au plein coeur de la ville, au beau milieu de la
Cité, entre le palais et la cathédrale.
Vous vous souvenez de cette petite maison en construction dont les maçons saluèrent Jean-Pierre Sévérin du nom de patron, quand il passa sur le Marché-Neuf, le soir où commence notre histoire?
Cette maison était achevée. C'était le théâtre dont nous parlons.
Et le théâtre faisait aujourd'hui son ouverture.