Germain Patou, esprit chercheur, nature âpre à la besogne, n'avait jamais donne de rendez-vous d'amour.
On frappa à la porte; Germain ouvrit aussitôt; la figure ignoble et futée d'Ézéchiel parut sur le seuil.
Il était chargé d'un pesant fardeau; un sac qui semblait plein de paille, mais qui, certainement, à cause du poids, devait contenir autre chose.
—J'ai en assez de peine, monsieur Patou, dit Ezéchiel. J'ai risqué ma place à la préfecture, et vous savez que c'est fini de rire, là-bas, au quai de Béthune… Vous donnerez trois cents francs.
—Je n'ai que dix louis, répliqua Germain. C'est à prendre ou à laisser.
Les paroles étaient fermes, mais la voix tremblait.
Germain ajouta, en montrant l'armoire vide où se rangeaient naguère ses livres:
—J'ai tout vendu pour me procurer ces dix louis.
Le regard d'Ézéchiel fit le tour de la chambre.
—J'aurais pu avoir autant là-bas, grommela-t-il; peut-être davantage. Ceux qui font la poule au café de la Concorde, place Saint-Michel, voulaient voir comment elle est faite en dedans… et ils m'auraient payé gros pour lui brûler le coeur.