Il s'assit.

Le vent de mars soufflait de dehors et pleurait dans les vitres de la croisée.

D'en bas montait la musique vive et criarde d'une guinguette voisine où des étudiants dansaient.

Germain resta un instant faible et cherchant sa pensée qui le fuyait.

Sa pensée était la science. Il avait sacrifié ses livres, ses chers livres, pour chercher jusqu'au fond d'un étrange secret: tous ses livres, jusqu'à l'Organon de Samuel Hahnemann, dont la lecture avait été pour lui une seconde naissance.

Il croyait fermement que sa pensée était la science, et il répétait comme on murmure malgré soi-même un entêté refrain:

—Vais-je savoir?… vais-je enfin savoir?…

Il rouvrit sa trousse avec un grand soupir et y choisit le plus affilé de ses scalpels.

Le contact de l'acier lui donna un frisson.

—La vie dans la mort, dit-il, la mort dans la vie! Y a-t-il là une erreur décrépite ou une progidieuse réalité? Le mystère est là, sous cette soie, derrière ce sein adorable, dans ce coeur qui ne bat plus et pourtant conserve une vitalité terrible et latente. Je puis trancher la vie, ouvrir le sein, questionner le coeur…