—Elle en mange un? demanda le cabaretier avec une curiosité mêlée d'horreur.

La Paraxin fit un signe de tête caressant et répondit:

—Elle en mange deux.

Ezéchiel recula malgré lui. La grande femme ricanait. Elle répéta:

—Q'as-tu à dire?

—J'ai à dire, répliqua Ezéchiel, que tout ça ne peut pas durer. Le monde parle. Il y a des gens sur la trace, et la frime du quai de Béthune est usée jusqu'à la corde. Tout devait être fini voilà quinze jours…

—Tout sera uni dans huit jours, l'interrompit la grand femme. L'argent vient; la somme y sera. Ceux qui auront été avec nous jusqu'au bout auront leur fortune faite. Ceux qui perdront courage avant la fin engraisseront les poissons… Est-ce tout?

Ezéchiel restait silencieux.

—A quoi penses-tu? demanda la Hongroise brusquement.

—Bonne femme Paraxin, répondit le cabaretier, je pense à la peur que j'ai. Vos menaces m'effrayent beaucoup, je ne le cache pas, car je vous regarde comme une diablesse incarnée…