René sentit en lui comme une vague angoisse. Son regard revint vers Angèle, qui priait si saintement. Il eut frayeur et remords, et ne fut soulagé que par l'effort qu'il fit sur lui-même pour ne plus tourner les yeux vers l'inconnue.

Il sortit avec Angèle et la reconduisit jusqu'à sa porte. Leurs logis étaient voisins. Il la quitta pour rentrer chez lui.

Mais il n'aurait point su dire pourquoi il reprit le chemin de l'église.

A la porte il hésita, car il comprenait que franchir de nouveau ce seuil c'était déjà une trahison.

D'ailleurs elle devait être partie.

Elle!—René entra en se disant: Je n'entrerai pas.

Elle le croisa comme il passait devant le bénitier. Malgré lui, le doigt de René se plongea dans la conque de marbre. La main de l'inconnue toucha sa main; il eut froid jusque dans le coeur.

Ce fut tout. Elle sortit. René resta immobile à la même place, car il se disait: Je ne la suivrai pas.

Une voix l'avertissait, murmurant au dedans de lui-même le nom d'Angèle et disant: C'est celle-là qui est le bonheur.

C'est l'autre qui est le caprice extravagant, la fièvre, le tourment, la chute…