René tourna l'angle du chemin et marcha tout uniment vers la maison solitaire dont la lune, cachée sous les nuages, dessinait vaguement les profils.
Cette maison ressemblait à une fabrique abandonnée.
Il faisait froid, le vent fouettait une petite pluie fine qui rendait la terre molle et glissante.
René fit le tour de la maison, qui n'avait ni jardin ni cour et qui, à la considérer de plus près, avait l'air d'une de ces bâtisses inachevées, fruits de la spéculation indigente, qui restent à l'état de ruine avant même d'avoir abrité leurs maîtres.
Il y avait beaucoup de fenêtres. Toutes gardaient leurs contrevents fermés.
René revint à la façade qui donnait sur le chemin. De ce côté, les fenêtres étaient closes comme partout. Devant la porte, l'herbe croissait autour du petit perron de trois marches et jusque sur les degrés.
René regarda aux croisées. Les volets fermés ne laissaient passer aucune lueur.
Il écouta. Le silence et la solitude permettaient de saisir tous les sons, même les plus faibles.
Aucun bruit ne frappa ses oreilles.
Il s'éloigna afin de mieux voir, car, la nuit, une lueur fugitive s'aperçoit plus aisément à distance. Il dépassa le mur qui faisait face à la maison.—Rien.