Elle l'avait sauvegardé.
Elle avait dit: C'est lui!
Lui? qui? S'était-elle trompée? Avait-elle menti?
Les quelques mots prononcés par la voix de femme, si douce dans son impérieuse sonorité, furent du reste les premiers et les derniers.
René eut beau écouter de toute son âme, ce fut en vain, elle ne parla plus.
La force l'abandonnait peu à peu; le sommet de son crâne était une horrible brûlure. Au bout de quelques pas il perdit le sentiment.
La dernière parole qu'il entendit et comprit lui parut la moins croyable de toutes, ce fut le nom de Georges Cadoudat, son oncle.
C'était une riante matinée de la fin de l'hiver, le ciel était bleu comme au coeur de l'été et jouait dans les feuillées d'un bosquet en miniature, composé de plantes tropicales.
Le lit sur lequel René était couché regardait un vaste jardin, planté de grands arbres aux branches dépouillées. A droite, c'était la serre qui épandait de chauds et discrets parfums; à gauche, une porte ouverte montrait en perspective les rayons d'une bibliothèque.
Le lit avait une forme antique et ses colonnettes torses supportaient un ciel carré, habillé de damas de soie, épais comme du velours.