—Pour ta peine, reprit Saladin qui passa la porte du jardin zoologique, je vais te montrer les gros moutons et les cocottes qui vont dans l'eau... C'est étonnant comme les enfants oublient! Te souviens-tu de petit père, au moins?
Justine s'arrêta court, ouvrant ses grands yeux qui interrogeaient.
—Viens, continua la prétendue vieille. C'est moi que tu appelais bobonne, en ce temps-là...
—Quand donc? interrompit l'enfant dont la curiosité s'éveillait.
—Viens!... au temps où tu étais bien riche. Tu dormais dans un berceau tout plein de dentelles.
—Mère m'a dit cela! murmura l'enfant.
—Tous les matins et tous les soirs, tu pries le bon Dieu pour petit père, pas vrai?
—Ah! je crois bien!... comme tu vas vite!
—Voici les cocottes, annonça madame Saladin, arrivant au parc des oiseaux aquatiques. Est-elle laide, celle-là qui se tient sur un pied, avec son bec pointu! regarde!... Seras-tu bien contente quand tu vas revoir petit père!
Justine sauta de joie.