—À cause des méchants. Et si nous en rencontrons, des méchants, prends bien garde! il faut rire et m'embrasser bien fort... On peut en trouver plus d'un avant la maison tout en or où est petit père, dans la ville des nobles et des riches.

Vaguement, Justine avait peur, mais ce n'était rien auprès de l'idée de petit père et de sa maison tout en or.

—Comment sont-ils faits, les méchants? demanda-t-elle.

—Ils sont noirs... et d'autres couleurs. Alors tu comprends. Petite maman a été en avant...

—Chez papa! s'écria Justine qui battit des mains dans sa joie.

—Juste! chez petit papa chéri. Elle nous attend.

Ils avaient traversé tout le jardin zoologique, et sortaient par la petite porte de la rue Cuvier.

Justine ne faisait plus attention à rien, sinon à ce conte de fées où elle jouait un rôle.

Madame Saladin, triomphant à la vue de cette issue qui était pour elle le port, prit dans sa poche son dernier biscuit et le mit entre les lèvres de Petite-Reine.

Mais c'est au port qu'on échoue souvent. Au moment où Saladin venait de dépasser le factionnaire, il se trouva face à face avec une figure de connaissance: l'homme au teint bronzé qui, la veille au soir, était entré sur les pas de la Gloriette, dans la baraque de madame Canada.