Comme elle traversait le pont d'Austerlitz, Médor se rapprocha d'elle, parce qu'il craignait un malheur.

Jusqu'à ce moment Lily n'avait point vu qu'elle était suivie. Elle reconnut le pauvre bon garçon et lui dit:

—C'est encore vous?

—Ça n'est pas pour vous gêner, répondit Médor; mais on peut avoir besoin, pas vrai?

Il essayait de sourire. Lily se mit à marcher.

—Oui, dit-elle en se rapprochant brusquement du parapet, j'aurai besoin de tout le monde.

Elle se pencha au-dessus de l'eau; Médor la saisit à bras-le-corps. Elle ne se défendit point et releva sur lui son regard angélique.

—Si je me tuais, murmura-t-elle, qui la chercherait? qui la trouverait? qui serait sa mère?

«Non, non, reprit-elle en marchant plus vite, si je la voyais morte, je ne dis pas... mais elle n'est pas morte.

—Ça, c'est juste! approuva Médor de tout son cœur. Pourquoi l'auraient-ils tuée? Et puis, si elle était morte, je le sentirais bien au fond de moi.