C'était celle-là qu'il guettait. Il avait son signalement dans la tête, il se croyait sûr de la reconnaître sous n'importe quel déguisement.
Et il se disait sans ambages ni circonlocutions:
—Je lui serrerai le cou jusqu'à ce qu'elle ait avoué où elle a mis la petiote, et par après je l'étranglerai.
Il eût fait comme il le disait, avec plaisir.
On le connaissait désormais au bureau de police, et on le redoutait. Les recherches, en effet, conduites d'abord avec beaucoup de zèle et activées par des promesses de primes étaient restées sans résultat. On n'avait pas découvert la moindre piste depuis l'expédition de la place du Trône, menée par Rioux et Picard; or, dans ces sortes de battues, chaque heure qui passe donne une sécurité au gibier et diminue les chances de la meute.
Il y avait pourtant une chose qui donnait à penser. Rioux, le plus ardent des deux agents, au début des poursuites, s'était arrêté tout à coup.
Il parlait de fatigue, de dégoût et ne cachait pas son intention de quitter sous peu le service de la Sûreté. C'était Rioux qui était chargé de rendre compte des recherches à monsieur le duc de Chaves.
Médor était sévère vis-à-vis de ces messieurs du bureau; lui, si timide, il parlait haut, et on le laissait dire, quoiqu'il eût, au plus triste degré, la tournure et le costume de ceux à qui on ferme volontiers la bouche; mais l'affaire de Petite-Reine faisait du bruit dans Paris, et ces messieurs n'étaient pas fiers.
Il était fort rare que Médor vînt rapporter à la Gloriette ses démarches inutiles. Il rentrait toujours d'un air riant et ne parlait que si on l'interrogeait.
On ne l'interrogeait pas souvent. La Gloriette causait peu des choses présentes.