Et depuis lors, pourtant, chaque fois que venait le soir elle paraissait inquiète; elle écoutait; si un bruit de pas venait de l'escalier, elle attendait.
Le dernier jour de la seconde semaine, quand Médor revint de ses courses, il la trouva occupée, selon l'habitude, à faire et défaire l'arrangement de ses bien-aimées reliques.
Elle semblait plus gaie; une nuance rose animait l'ivoire de sa joue; en montant l'escalier, Médor l'entendit, qui chantait tout bas une petite chanson qu'elle avait apprise naguère à Justine.
C'était tout à fait la voix d'un enfant. On eût dit qu'elle essayait de se tromper elle-même et d'écouter encore une fois le chant argentin de l'absente.
Au moment où Médor entra, elle se tut et demanda:
—N'avez-vous rien appris de nouveau?
Médor fut étonné; il y avait plus d'une semaine qu'elle n'avait interrogé.
—Tout va bien, répondit-il, on cherche, on trouvera.
Lily lui tendit la main; c'était la première fois. On aurait pu voir le cœur du pauvre garçon battre sous sa veste.
—Vous l'aimiez bien, dit-elle. C'est pour elle que vous avez pitié de moi.