—Il est peut-être aussi en voyage, suggéra l'excellent Médor, qui s'étonna d'éprouver une certaine répugnance à plaider la cause du père de Petite-Reine.

—Ou bien ma lettre était mal faite, pensa tout haut la Gloriette. Je n'ai pas pu en écrire bien long, ma main tremblait trop. Je cherche à me souvenir.

Elle pressa son front entre ses doigts.

—Oui, reprit-elle, c'est cela, je lui ai dit: «Mon cher Justin, notre petite est perdue, on me l'a volée, viens à mon secours.» Est-ce assez?

—Ah! fit Médor, si j'avais été au bout du monde, moi, ou sur le lit de mon agonie...

Il n'acheva pas. La Gloriette continua en se parlant à elle-même.

—Non, ce n'est pas assez; j'aurais dû ajouter: «Ce n'est pas pour vous retenir près de moi. Dès que vous m'aurez aidée à retrouver l'enfant, vous serez libre.»

—L'aimez-vous bien? balbutia Médor malgré lui.

Lily le regarda.

—Je ne sais pas, répondit-elle. C'est son père.