Jamais plus il n'avait prononcé le nom de Lily, mais quand sa mère l'interrogeait il répondait souvent avec son douloureux sourire:
—Ne parlons pas de moi. J'ai été fou.
On était bien loin d'être heureux en ce joli château de Monceaux, si riant et si paisible.
Mais la vaillance revient avec le jour, le lendemain matin, la bonne femme s'étonna de sa faiblesse de la veille. Elle reprit même sa besogne de marieuse acharnée et l'affaire de la troisième bru fit un pas.
Puis, le soir venu, il y eut rechute. Le cœur de la mère se serra de nouveau. Il fallut, bon gré mal gré, lire et relire la lettre de «cette fille». Et cette fois, on pensa à l'enfant.
«Notre petite fille est perdue...»
La mère de Justin, qui était une femme brave et convaincue, résista pendant dix longs jours, mais elle souffrit tant qu'elle céda le onzième jour.
C'était la veille de cet après-midi où se passèrent les événements racontés au précédent chapitre. Justin et sa mère dînaient seuls. Justin était distrait et morne, selon sa coutume. On avait échangé, à de longs intervalles, quelques rares paroles.
—Eh bien! dit la comtesse, quand on eut servi le dessert. Saurons-nous enfin ton avis sur Louise?
C'était le nom de la troisième fiancée.