Le tout formait une passion profonde, mais désintéressée splendidement, qui emplissait le cœur entier du pauvre diable.

Quand il se vit en face de Justin évanoui, il éprouva une grande surprise.

—Il l'aimait donc bien! se dit-il.

Après quoi il se demanda:

—Mais, s'il l'aimait, pourquoi l'a-t-il abandonnée?

Le bon Médor n'avait pas en lui ce qu'il faut pour répondre à ces questions subtiles qui embarrassent parfois les philosophes. Le plus pressé était de secourir Justin; Médor s'y employa de son mieux.

—Paraît que c'est mon état, pensait-il avec un reste de rancune: soigner ceux que j'aime et aussi ceux que je n'aime pas!

Comme médecin, Médor n'en savait pas très long. Il jeta de l'eau au visage du malade qui demeura immobile.

Nous l'avons dit, Justin était très remarquablement beau. Tout en travaillant à sa guérison, Médor le considéra d'abord d'un œil qui n'était rien moins que bienveillant.

Pour lui, cet «homme du château» était trop blanc, trop semblable à une femme, malgré la soyeuse moustache qui frisait au-dessus de sa lèvre. Il avait la taille trop mince et les cheveux trop doux.