«Le lundi de la Pentecôte, il vint un homme en bourgeois qui nous proposa de louer notre salle tout entière pour une institution, ou collège, tenue par des abbés et où étaient des jeunes gens nobles de la localité. On nous invita à ne montrer que des tableaux dignes de cette jeunesse vertueuse, et sur ce que ma compagne demanda si les abbés désiraient voir mademoiselle Saphir, le monsieur répondit:

«—C'est pour elle que se fait la partie.

«Voilà donc qui est bien, nous épluchons les vaudevilles et nous donnons une représentation à laquelle les petites demoiselles de la première communion auraient pu assister.

«Si bien que le directeur du collège vint nous en faire des compliments distingués à la fin du spectacle. Mais vous allez voir.

«Vers onze heures avant minuit, comme tout notre monde était en train de se coucher, voilà qu'on frappe à la porte de la baraque.

«—Qui va là? demanda madame Canada.

«—Le comte Hector de Sabran, répondit une jolie petite voix qui essayait de se faire bien mâle, mais qu'on eût dit appartenir à une demoiselle.

«—Et qu'est-ce que vous voulez? demanda encore ma compagne.

«—Je veux parler au directeur pour une affaire importante.

«Amandine ouvrit à tout hasard; nous n'avions ni à craindre les voleurs, ni à redouter une visite; nous étions installés comme des princes.