Saladin lui tendit un carré de papier où il avait écrit lui-même: Comte Hector de Sabran, Grand-Hôtel.

—Ce jeune homme, continua-t-il, est au n° 38, tu frapperas à sa porte. Si c'est lui qui t'ouvre, tu lui diras: «Est-ce à monsieur Ginguenot que j'ai l'honneur de parler?»

—Comme dans les vols au bonjour? interrompit Similor.

—Juste! Mais c'est une opération de commerce en tout bien tout honneur. Si c'est au contraire un domestique qui se présente, tu demanderas monsieur le comte.

—Tiens, tiens, dit Similor, pourquoi ça?

—Parce qu'il faut que tu voies monsieur le comte en personne; ta mission n'a pas d'autre but que de le bien voir pour le reconnaître plus tard.

—Tiens, tiens, répéta Similor, tu m'intéresses... après?

Saladin poursuivit:

—On te fera entrer, tu regarderas le jeune homme, tu prendras l'air bien étonné et tu diras: Pardon, ce n'est pas vous, c'est monsieur le comte Hector que je demande.

—Il me répondra: «Mais c'est moi qui suis le comte Hector!»