Il y avait quatre demoiselles portant des costumes d'odalisques, un pitre déguisé en marquis et cinq ou six premiers sujets dont chacun avait dans sa spécialité une réputation plus qu'européenne.
En outre, deux tam-tams de grande taille grinçaient avec rage, tandis qu'une petite machine à vapeur poussait des sifflements, à faire saigner les oreilles.
C'était complet. Cela rejetait dans l'ombre les plus éclatantes illustrations de la foire: la famille Cocherie et l'épique Laroche, dont les établissements voisins semblaient de vulgaires cabanes auprès du palais Canada.
Au moment où le comte Hector et sa compagne traversaient la foule, Échalot annonçait dans son porte-voix que la grande représentation de mademoiselle Saphir allait commencer.
—Quoique légèrement indisposée, ajoutait-il, elle n'a pas besoin de l'indulgence du public.
Hector avait le rouge au front, et des gouttelettes de sueur tombaient le long de ses tempes.
Il avait fait en vérité tout ce qu'il avait pu pour s'opposer à la fantaisie de sa compagne, proposant de revenir le soir et quand, au moins, madame de Chaves aurait pu quitter ce costume d'amazone qui faisait d'elle le point de mire de tous les regards.
Mais la belle duchesse s'était montrée inflexible. Elle avait répété ce mot qui, pour les femmes, remplace toute explication: «Je le veux!»
Madame la duchesse de Chaves était pour le moins aussi émue que son cavalier qui sentait frémir son bras.
La foule s'engouffrait dans la baraque en vogue avec un entrain merveilleux, au son d'une musique impossible.