C'étaient deux bonnes personnes, bien dévouées, qui se dirent:
—Il paraît que le comte Hector va venir.
Contre l'habitude, madame la duchesse donna beaucoup de temps et accorda un très grand soin à sa parure. Elle n'était contente de rien. Il fallut recommencer trois fois l'arrangement de sa merveilleuse chevelure qui, les autres jours, se faisait en un tour de main.
Les deux fidèles caméristes se demandèrent:
—Est-ce que ce ne serait plus pour le comte Hector?
Et toutes les deux le plaignirent sincèrement, car c'était un doux et beau jeune homme.
—Faut-il faire atteler? interrogea l'une d'elles.
—Non, répondit madame de Chaves qui se regardait dans sa psyché en disposant les plis de sa robe.
Évidemment elle attendait quelqu'un, et, pour ce quelqu'un, elle voulait être belle.
Les deux caméristes, congédiées, parlèrent de cela longtemps.