—Vous n'êtes pas venu ici pour nous menacer, dites donc? prononça Comayrol dont la joue sanguine prit une nuance rouge plus foncée.
Jaffret lui toucha le bras et murmura:
—Il m'intéresse.
—Mon cher monsieur, répondit Saladin en s'adressant à Comayrol, je suis une nature indépendante et je désire faire mon chemin en dehors de l'administration. Seulement, il me plaît de vous faire savoir tout de suite que je suis gardé à carreau. Vous me voyez seul, vous êtes cinq, il est bon que la liberté de la discussion soit entre nous pleinement assurée.
—Eh bien! dit Comayrol avec une rudesse contenue, entamons la discussion, je vous prie, et rondement!
—De tout cœur, répondit Saladin... seulement encore on n'a pas répondu à la question que j'ai faite. Est-ce le vicomte Annibal Gioja qui est maître du Scapulaire?
—C'est ici le secret même de notre confrérie, fit observer le Dr Samuel qui n'avait pas encore parlé.
Saladin le salua.
—Messieurs, reprit-il, le Scapulaire est votre sceptre, je connais cela et bien d'autres choses. Quoique je ne voie ici aucune de ces grandes physionomies qui ont illustré l'histoire ancienne de votre ordre, j'aurais quelque répugnance à poser ma candidature en face de personnages tels que messieurs Jaffret, Comayrol et Samuel, qui sont à tout le moins très capables et très expérimentés.
—Vous êtes bien bon, grommela l'ancien clerc de notaire.