La coulisse a des charmes étranges pour ces demoiselles.
Quand on félicitait Guite, elle souriait ou elle rougissait, suivant son humeur du moment, mais il semblait toujours qu'elle eût un secret suspendu aux lèvres.
Et ce secret, eu égard à l'expression du sourire, ne devait pas être à l'avantage de monsieur le marquis de Rosenthal.
Ces demoiselles en étaient venues à traduire ce sourire vaguement, mais tristement, et quand monsieur le marquis de Rosenthal passait, elles disaient:
—C'est ce pauvre jeune homme!
Un peu comme s'il lui eût manqué un bras ou un œil.
Le lendemain de cette soirée que nous avons passée en compagnie des membres du Club des Bonnets de soie noire, entre cinq et six heures du matin, Saladin frappa à la porte d'une petite chambrette, située au plus haut étage de la plus haute maison de la rue Vivienne, et qui était la retraite de mademoiselle Marguerite Baumspiegelnergarten.
On demanda: «Qui est là?» et monsieur le marquis de Rosenthal se nomma.
Aussitôt, il se fit un bruit dans la chambre, où mademoiselle Guite n'était évidemment pas seule. Il y eut des allées, des venues, un son flasque de pantoufles, un retentissement sec de talons de bottes; en même temps on causait et l'on ne se gênait vraiment pas pour rire.
Monsieur le marquis de Rosenthal n'avait pas l'air formalisé le moins du monde, seulement, comme il était pressé, il laissait de temps en temps échapper un geste d'impatience en se promenant sur le carré.