Au bout d'un quart d'heure, la porte de mademoiselle Guite s'ouvrit. Un jeune homme sortit qui ressemblait assez à un commis de nouveautés. Il salua monsieur le marquis de Rosenthal avec un sourire moqueur qui ne manquait pas d'une certaine impertinence. Monsieur le marquis lui rendit son salut gravement et entra.
La chambrette était fort en désordre. Guite, vêtue d'un peignoir de mousseline, avait commencé à se coiffer devant sa petite toilette. Ses cheveux magnifiques étaient épars; elle avait les épaules demi-nues.
Et ses épaules, en vérité, étaient remarquablement belles.
Saladin ne les regarda pas. Il s'assit sur une chaise et dit:
—Allons, allons, mignonne, nous sommes en retard.
Guite rejeta ses cheveux prodigues en arrière et lui envoya le plus coquet de ses sourires.
—Vous êtes donc bien avare de votre temps? dit-elle.
—Je n'en ai pas à perdre, répliqua Saladin.
—Ah ça, s'écria Guite en frappant du pied et avec un dépit qui devait avoir sa source dans le lointain d'autres entrevues, est-ce que vous ne me trouvez pas jolie, dites donc, à la fin?
—Si fait, répondit Saladin, je vous ai choisie parce que vous êtes jolie.