Une idée terrible traversa le cerveau de madame de Chaves: une idée de mort.

À ses yeux, qui peut-être n'avaient pas recouvré toute la sûreté de leur regard, les traits de sa fille allaient se décomposant rapidement.

—C'est de l'air qu'il lui faut! pensa-t-elle, bouleversée du premier coup par cette nouvelle angoisse.

Elle ouvrit la fenêtre.

Quand elle revint à l'ottomane, la pose de mademoiselle Guite s'était affaissée, et sa joue presque livide pendait sur son épaule.

La duchesse s'agenouilla, défaillante; elle perdait le souffle et ne songeait pas même à demander du secours.

Il est bon de noter ici une circonstance qui pourra sembler frivole, au premier aspect, mais qui a son importance, sous le rapport historique.

Le lecteur serait capable, en vérité, d'imputer à l'imprudence de Saladin la façon pitoyable dont marchait cette reconnaissance entre mère et fille. Rien n'allait; c'était une scène lamentablement estropiée. Pourquoi?

Parce que Saladin n'avait pas fait la leçon suffisante à mademoiselle Guite et que la pauvre modiste, à bout de ressources, s'en tirait comme elle pouvait, par un évanouissement vrai ou feint.

Eh bien! le lecteur se tromperait. Saladin n'était pas coupable. Il y avait autre chose, et voilà ce qu'il faut constater: