—Il y avait bien longtemps que je vous attendais.

Une expression de ravissement se répandit sur les traits d'Hector. Il cherchait encore des paroles et n'en trouvait point; il avait dans le cœur un vrai, un grand amour.

—Nous allons nous quitter, reprit Saphir sans lui retirer sa main, n'avez-vous rien à me dire?

—Vous êtes pâle, balbutia Hector, je vous trouve changée.

—C'est que je suis un peu malade, répondit-elle, depuis deux jours je ne danse pas.

Hector détourna les yeux.

—Je n'aurais pas de vous parler de cela, fit-elle avec son charmant sourire, je pense bien que vous avez honte...

Mais Hector l'interrompit; la passion rompait la digue qui avait arrêté sa parole:

—Vous savez que je vous aime, prononça-t-il à voix basse. Les instants trop courts que j'ai passés près de vous à Fontainebleau sont toute ma vie. Je vous aime telle que vous êtes, et je ne respecte rien au monde autant que vous.

Saphir retira sa main. Il y eut dans son sourire une nuance de sarcasme.