Auprès du bénitier, un jeune homme très beau et très élégamment vêtu se tenait debout. Il n'y avait presque plus personne à l'église, mais, parmi les rares fidèles qui restaient, ceux qui étaient coutumiers du mignon péché de curiosité purent voir la jeune étrangère rougir, sous son voile, à l'aspect du brillant cavalier.

Rougir—et sourire.

Le cavalier trempa le bout de ses doigts dans la conque et offrit de l'eau bénite, en rougissant plus fort que l'inconnue elle-même, mais en souriant aussi. Leurs mains se touchèrent et ils firent ensemble le signe de la croix.

Ensemble ils sortirent.

Comme toujours, mademoiselle Saphir prit le chemin de l'esplanade et le cavalier marcha à ses côtés.

Les curieux, s'il y en avait aujourd'hui, durent s'étonner de ce fait: ils ne se parlaient point.

La jeune fille avait gardé son beau sourire, le jeune homme semblait souffrir d'un insurmontable embarras.

La route se fit ainsi jusqu'au bout de la rue Saint-Dominique. Là, mademoiselle Saphir s'arrêta et se tourna vers Hector de Sabran qui murmura, plus confus, plus timide que le jour où il l'avait vue pour la première fois, au théâtre, en compagnie de ses camarades du collège ecclésiastique du Mans:

—Allons-nous donc nous séparer déjà?

Au lieu de répondre, mademoiselle Saphir lui dit en lui tendant la main: