—Et où est-il, ce misérable! prononça-t-il d'une voix étouffée.

—Il est à Paris, répondit Saphir. Je lui dois beaucoup; et cependant je ne saurais lui pardonner. Il est au monde la seule créature que je déteste.

—Malheur à lui! dit Hector.

Elle l'entraîna vers un banc de pierre et s'y assit en disant:

—Je suis bien lasse. J'ai la fièvre quand je parle de ces choses. Me comprendrez-vous, Hector, quand j'ajouterai que je n'ai aucun moyen de reconnaître ma mère, et que cependant je dois rester en France! À mes yeux, c'est un devoir sacré. Mon cœur me disait que vous viendriez, vous voyez bien qu'il ne m'a pas trompée. Mon cœur me dit aussi que je retrouverai ma mère.

Elle se tut. Hector restait pensif à ses côtés.

—Vous ne dites rien, murmura-t-elle. Puis changeant d'idée tout à coup:

—Moi, s'écria-t-elle, j'aurais un moyen de me faire reconnaître par ma mère, et c'est en songeant à cela, à cela qui prouve si bien la bonté de Dieu, que j'ai voulu un jour me rapprocher de Dieu. Je suis pieuse, Hector, parce que Dieu m'a marquée d'un signe visible qui me rendra tôt ou tard les baisers de ma mère.

Hector, depuis quelques instants, était en proie à une singulière agitation. Il se souvenait de l'entretien qu'il avait eu l'avant-veille dans cette solitaire avenue du bois de Boulogne avec Mme la duchesse de Chaves.

Les amoureux croient aux miracles; il était ému jusqu'à la fièvre; il pensait: