—Il ne parlera pas!
À ces derniers mots, il se leva après avoir consulté sa montre.
—Messieurs, dit-il, vous êtes armés, je suppose?
Ils l'étaient, les malheureux, surabondamment. Ce qui gonflait leurs poches, c'étaient des armes, de toutes sortes: pistolets, casse-tête et couteaux. Ils avaient des épées dans les manches de leurs parapluies.
Jamais si mauvais soldats n'avaient porté à la fois plus d'engins de destruction.
Quand Saladin donna le signal du départ, chacun d'eux mit en ordre son arsenal. C'était à faire frémir. Dans les doublures du seul Jaffret, ce bon, ce pacifique propriétaire, on eût trouvé de quoi défendre une barricade.
Ils suivirent Saladin, leur général, et traversèrent la grande salle du café Massenet où il n'y avait plus personne. Les garçons avaient retardé la fermeture de l'établissement par respect pour eux.
—Nous avons fait une petite débauche, dit Jaffret en passant; nous dormirons demain la grasse matinée.
Ils sortirent faisant la tortue avec leurs parapluies, j'allais dire leurs boucliers, pour gagner deux fiacres qui les attendaient au-dehors.
Monsieur Massenet, qui les regardait monter en voiture, fit cette observation: