Le duc voulut saisir une machette sur la console; un second coup de plat d'épée lui fit lâcher prise.

Il bondit avec un cri de rage jusqu'à l'autre extrémité de la chambre, où pendait une carabine de chasse. L'étranger ramassa l'épée qui était à terre; il rejoignit le duc au moment où celui-ci armait vivement la carabine et, lui plaçant la pointe de son arme au nœud de la gorge, il lui dit:

—Lâchez cela et prenez ceci, ou vous êtes mort!

Il lui tendait la garde de la seconde épée.

Le duc obéit enfin, faute de pouvoir faire autrement et, sans prendre posture, il lança un coup à bras raccourci dans le ventre de l'étranger qui para sur place et dit encore:

—Mettez-vous en garde.

Le duc se mit en garde et son dernier juron fut coupé en deux par un coup droit qui lui traversa la poitrine.

La porte se rouvrit en ce moment et la duchesse de Chaves entra. Elle s'était traînée à genoux tout le long du corridor. Justine qui reprenait ses sens parcourut la chambre d'un regard égaré.

Il y avait un homme mort: le duc de Chaves, et un autre homme qui se tenait debout immobile auprès de lui, serrant encore son épée sanglante dans sa main.

—Justin! dit madame de Chaves en un grand cri. Puis elle ajouta: