—J'ai mes autres petits... balbutia madame Noblet pour s'excuser.
—Mais la mère! que diable! quand on a perdu son enfant...
Les yeux de Lily tombèrent par hasard sur celui qui allait parler.
Il eut froid dans les veines et se tut, en reculant de plusieurs pas.
—Moi d'abord, dit une grosse femme qui portait un chien dans ses bras, je n'ai jamais eu d'enfants, mais je ne les aurais pas donnés à garder à une promeneuse!
—Ah! s'écria madame Noblet avec désespoir, je sais quel tort cette histoire-là va faire à mon commerce!
Elle jeta à Lily un regard où il y avait de la rancune et ajouta:
—Voyons, ma bonne dame, remuons-nous un peu! Vous devriez être déjà chez le commissaire.
Lily ne bougea pas. De ses deux mains qui étaient blêmes comme des mains de morte, elle rejeta ses cheveux en arrière et dit tout bas:
—Tout ce monde lui fait peur et m'empêche de la voir... Je sais bien qu'elle n'est pas perdue.