Mais l'idée de la Gloriette lui revenait.
—Je veux retourner! je veux retourner s'écria-t-elle, on n'a pas cherché, le jardin est grand, et elle est si petite. Pour la cacher, il suffit d'une touffe de fleurs. Aujourd'hui, tout le monde est avec moi, personne ne refusera de chercher pour l'amour de moi, mais demain...
«Et puis, s'interrompit-elle, résistant à ceux qui la soutenaient, j'ai oublié quelque chose là-bas... Vous ne me croyez pas, mais je vous assure que j'ai oublié quelque chose... Écoutez! mère Noblet me montrera l'endroit où elle l'a vue pour la dernière fois... et je retrouverai la place de son petit pied chéri... et j'emporterai la terre... et je l'aurai... et je la garderai...
Un sanglot la suffoqua.
—Voyons! voyons! dit le sergent, dont la paupière battit.
Et comme Médor faisait mine de se révolter, il ajouta:
—Bonhomme, j'approuve ta sensibilité, mais le temps presse. Monsieur Picard et monsieur Rioux me font signe là-bas... J'ai idée qu'ils veulent battre la foire au pain d'épice, dont c'est le dernier jour, place du Trône. En avant!
Médor comprit et enleva la pauvre Gloriette qui ne résistait plus.
Monsieur Picard et monsieur Rioux, les deux agents, avaient disparu.
La procession continua sa marche. À mesure qu'on approchait de la rue Lacuée, l'intérêt des passants augmentait. Sur la place Mazas, le convoi se recruta de tous les badauds rassemblés autour de la danseuse de corde qui est là en permanence et dont Petite-Reine était une cliente assidue. La danseuse de corde vint elle-même avec ses trois petites filles et ses deux petits garçons qui ne se ressemblaient point entre eux.