Il salua le conseil et dit:

—Messieurs, je rougirais d'ajouter une parole... Décidez, s'il vous plaît, entre madame la princesse et moi.

—Délibérons! firent quelques voix.

M. de Lamoignon se leva et se couvrit.

—Prince, dit-il, l'avis des commissaires royaux, après avoir entendu M. le cardinal pour madame la princesse, est qu'il n'y a point lieu à jugement... Puisque madame de Gonzague sait où est sa fille, qu'elle la présente. M. de Gonzague représentera également celle qu'il dit être héritière de Nevers... La preuve écrite, désignée par M. le prince, invoquée par madame la princesse, cette page enlevée au registre de la chapelle de Caylus, sera produite et rendra la décision facile... Nous ajournons, au nom du roi, le conseil à trois jours.

—J'accepte! repartit Gonzague avec empressement; j'aurai la preuve!

—J'aurai ma fille et j'aurai la preuve, dit pareillement la princesse; j'accepte!

Les commissaires royaux levèrent aussitôt la séance.

—Quant à vous, enfant, pauvre enfant! dit Gonzague à dona Cruz en la remettant aux mains de Peyrolles, j'ai fait ce que j'ai pu... Dieu seul à présent peut vous rendre le cœur de votre mère.

Dona Cruz rabattit son voile et s'éloigna.