—Il faudra tout simplement l'enlever?... disait en ce moment Peyrolles.

—Pas d'éclat! repartit Gonzague;—nous ne sommes pas en position de nous faire des affaires... De la ruse... de l'adresse!... c'est ton fort, ami Peyrolles! Je ne m'adresserais pas à toi s'il y avait des coups à donner ou à recevoir... notre homme doit habiter cette maison, j'en ferais la gageure.

—Lagardère! murmura le factotum avec un visible effroi.

—Tu ne l'affronterais pas, le matamore!... La première chose, c'est de savoir s'il est absent... et je parierais bien qu'il est absent à cette heure.

—Il aimait à boire autrefois.

—S'il est absent, voici un plan tout simple: Tu vas prendre cette carte.

Gonzague mit dans la main de son factotum une des deux cartes d'invitation au bal du régent, réservées pour Saldagne et Faënza.

—Tu te procureras, poursuivit-il, une toilette de deuil fraîche et galante... pareille à celle que j'ai commandée pour dona Cruz... tu auras une litière toute prête dans la rue du Chantre... et tu te présenteras chez la jeune fille au nom de Lagardère lui-même...

—C'est jouer sa vie à pair ou non! dit M. de Peyrolles.

—Allons donc!... rien que la vue de la robe et des bijoux la rendra folle!... Tu n'auras qu'un mot à dire: Lagardère vous envoie ceci et vous attend.