»Oh! le divin bonheur, ma mère! Je crois sentir votre baiser sur mon front!... Vous aussi, vous devez être bien douce et bien belle... Vous aussi, vous devez savoir consoler en souriant!
»Ce tableau est toujours dans tous mes rêves. J'envie les larmes de la jeune fille. Ma mère, si j'étais entre vous et lui, que pourrait me donner le ciel?
»Moi, je ne me suis agenouillée jamais que devant un prêtre. La parole d'un prêtre fait du bien; mais c'est par la bouche des mères que parle la voix de Dieu.
»M'attendez-vous? me cherchez-vous? me regrettez-vous? Suis-je dans vos prières du matin et du soir? Me voyez-vous, vous aussi, dans vos songes?
»Il me semble, quand je pense à vous, que vous devez penser à moi. Parfois, mon cœur vous parle; m'entendez-vous?—Si Dieu m'accorde jamais ce grand bonheur de vous voir, ma mère, ma mère chérie, je vous demanderai s'il n'était pas des instants où votre cœur tressaillait sans motif.
»Et je vous dirai: c'est que vous entendiez le cri de mon cœur, ma mère!...
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«... Je suis née en France. On ne m'a pas dit où. Je ne sais pas mon âge au juste, mais je dois avoir aux environs de vingt ans.
»Est-ce rêve? est-ce réalité? Ce souvenir, si c'en est un, est si lointain et si vague! Je crois me rappeler parfois une femme au visage angélique, qui penchait son sourire au-dessus de mon berceau.
»Était-ce vous, ma mère?