Mais dona Cruz n'était pas faite pour se laisser prendre à ces airs de mystère.

Elle saisit les deux mains de Gonzague.

Vous allez me parler de ma mère, dit-elle, et tout de suite!—Mon Dieu! comme je vais l'aimer... Elle est bien bonne, n'est-ce pas?... et bien belle?

C'est une chose singulière! s'interrompit-elle avec gravité;—j'ai toujours rêvé cela... Une voix en moi me disait que j'étais la fille d'une princesse.

Gonzague eut grand'peine à garder son sérieux.

—Elles sont toutes les mêmes! pensa-t-il.

—Oui, continua dona Cruz,—quand je m'endormais, le soir, je la voyais, ma mère... toujours... toujours penchée à mon chevet... de grands beaux cheveux noirs... un collier de perles... de fiers sourcils... des pendants d'oreilles en diamants... et un regard si doux!... Comment s'appelle ma mère?

—Vous ne pouvez le savoir encore, dona Cruz.

—Pourquoi cela?