—Un grand danger!...
—Je comprends! je comprends! interrompit-elle, prise tout à coup par quelque romanesque souvenir... J'ai vu au théâtre de Madrid des comédies... C'était ainsi... On ne disait jamais du premier coup aux jeunes filles le nom de leur mère.
—Jamais, approuva Gonzague.
—Un grand danger..., reprit dona Cruz; et cependant... j'ai de la discrétion, allez!... j'aurais gardé mon secret jusqu'à la mort!
Elle se campa, belle et fière comme Chimène.
—Je n'en doute pas, repartit Gonzague;—mais vous n'attendrez pas longtemps, chère enfant... Dans quelques heures, le secret de votre naissance vous sera révélé... En ce moment, vous ne devez savoir qu'une seule chose: c'est que vous ne vous appelez pas Maria de la Santa-Cruz.
—Mon vrai nom était Flor?
—Pas davantage.
—Comment donc m'appelais-je?
—Vous reçûtes au berceau le nom de votre mère, qui était Espagnole... vous vous nommez Aurore.