—C'est un sorcier! répétait dona Cruz en faisant l'inventaire de tout cela. C'est manifestement un sorcier... On a beau être le Cincelador... et tailler des gardes d'épées, on ne gagne pas de quoi faire de pareils cadeaux.

L'idée lui revint que toutes ces belles choses, à une heure donnée, se changeraient en sciure de bois ou en rubans de menuisier.

Berrichon admirait et ne se faisait pas faute d'exprimer son admiration. La vieille Françoise, qui venait de rentrer, hochait sa tête grise d'un air qui voulait dire bien des choses.

Mais il y avait à cette scène un spectateur dont nul ne soupçonnait la présence, et qui certes ne se montrait pas le moins curieux.

Il était caché derrière la porte de l'appartement du haut, dont il entre-baîllait l'unique battant avec précaution. De ce poste élevé, il regardait la corbeille étalée sur la table, par-dessus les têtes des assistants.

Ce n'était point le beau maître Louis avec sa tête noble et mélancolique. C'était un petit homme, tout de noir habillé: celui qui avait amené dona Cruz, celui qui avait commis un faux en contrefaisant l'écriture de Lagardère; celui qui avait loué la niche de Médor.

C'était le bossu, Ésope II, dit Jonas, vainqueur de la baleine.

Il riait dans sa barbe et se frottait les mains.

—Tête-bleu! disait-il à part lui, M. le prince de Gonzague fait bien les choses... et ce coquin de Peyrolles est décidément un homme de goût.

Il était là, ce bossu, depuis l'entrée de dona Cruz; sans doute il attendait M. de Lagardère.