Aurore était fille d'Ève. A la vue de tous ces splendides chiffons, son cœur avait battu. Cela venait de son ami: double joie.

Aurore ne fit même pas cette réflexion, qui était venue à dona Cruz; elle n'essaya point de supputer ce que ces royaux atours devaient coûter à son ami.

Elle se donnait tout entière au plaisir. Elle était heureuse, et cette émotion qui prend les jeunes filles au moment de paraître dans le monde lui était douce.

N'allait-elle pas avoir là-bas son ami pour protecteur?

Une chose l'embarrassait: elle n'avait pas de chambrière, et la bonne Françoise était meilleure pour la cuisine que pour la toilette.

Deux des jeunes filles s'avancèrent comme si elles eussent deviné son désir.

—Nous sommes aux ordres de madame, dirent-elles.

Sur un signe qu'elles firent, porteurs et porteuses s'éloignèrent après un respectueux salut.

Dona Cruz pinça le bras d'Aurore.