Rue de Valois, il y avait une petite porte qui donnait entrée dans la partie des bâtiments appelée les privés de Monsieur. C'était là que Philippe d'Orléans, régent de France, avait son cabinet de travail.

Le bossu frappa d'une certaine sorte. On lui ouvrit aussitôt, et du fond d'un corridor noir une grosse voix s'éleva.

—Ah! c'est toi, Riquet à la Houppe! dit-elle; monte vite: on t'attend...


LE PALAIS-ROYAL.

I

—Sous la tente.—

Les pierres aussi ont leurs destinées. Les murailles vivent longtemps et voient les générations passer; elle savent bien des histoires. Ce serait un curieux travail que la monographie d'un de ces cubes taillés dans le liais ou dans le tuf, dans le granit ou dans le grès. Que de drames alentour: comédies et tragédies! Que de grandes et que de petites choses! combien de rires! combien de pleurs!

Ce fut la tragédie qui fonda le Palais-Royal. Armand du Plessis, cardinal de Richelieu, immense homme d'État, lamentable poëte, acheta au sieur Dufresne l'ancien hôtel de Rambouillet, au marquis d'Estrées le grand hôtel de Mercœur. Sur l'emplacement de ces deux demeures seigneuriales, il donna l'ordre à l'architecte Lemercier de lui bâtir une maison, digne de sa haute fortune.—Quatre autres fiefs furent acquis pour dessiner les jardins. Enfin, pour dégager la façade où étaient les armoiries des Du Plessis, surmontées du chapeau de cardinal, on fit emplette de Sillery, en même temps qu'on ouvrait une grande rue pour permettre au carrosse de son Éminence d'arriver sans encombre à ses fermes de la Grange-Batelière.