Ce bruit, c'était une porte qui s'ouvrait au haut de l'escalier intérieur.

Oh! que Berrichon avait bien raison! sur ce délicieux visage de vierge, vous n'eussiez retrouvé en ce moment aucune trace de larmes, aucun reflet de tristesse.

Tout était sourire. Le sein battait, mais de plaisir. Le corps affaissé se relevait gracieux et souple. C'était cette chère fleur de nos parterres que la nuit froide penche, demi-flétrie sur sa tige, et qui s'épanouit, plus fraîche et plus parfumée au premier baiser du soleil!

Aurore se leva et s'élança vers son miroir. En ce moment elle avait peur de n'être pas assez belle.

Elle maudissait les larmes qui battent les yeux et qui éteignent le feu diamanté des prunelles.

Deux fois par jour ainsi, elle était coquette.

Mais son miroir lui dit que son inquiétude était vaine. Son miroir lui renvoya un sourire si jeune, si tendre, si charmant, qu'elle remercia Dieu dans son cœur.

Maître Louis descendait l'escalier. En bas des degrés, Berrichon tenait une lampe et l'éclairait.

Maître Louis, quel que fût son âge, était un jeune homme. Ses cheveux blonds, légers et bouclés jouaient autour d'un front pur comme celui d'un adolescent. Ses tempes, larges et pleines, n'avaient point subi l'injure du ciel espagnol: c'était un Gaulois, un homme d'ivoire, et il fallait le mâle dessin de ses traits pour corriger ce que cette carnation avait d'un peu efféminé.