—Que voulez-vous, M. le baron! répliqua la Hunaudaye; c'est la nouvelle mode!

Ils prirent tous deux un air de lugubre résignation.

Cependant l'homme au sabre n'était pas un manchot. Il savait se servir de son arme. Un moulinet rapide, exécuté selon l'art, fit reculer les joueurs. Un fendant sec et bien appliqué brisa en deux l'épée que Peyrolles était parvenu à dégainer.

—Si tu bouges, dit l'homme au sabre, je ne réponds pas de toi; si tu ne bouges pas, je ne te couperai que les deux oreilles.

Peyrolles poussait des cris étouffés. Il proposait de rendre l'argent. Que faut-il de temps à la foule pour s'amasser? Une cohue compacte se pressait déjà aux alentours.

L'homme au sabre, prenant son arme à moitié, comme un rasoir, s'apprêtait à commencer froidement l'opération chirurgicale qu'il avait annoncée, lorsqu'un grand tumulte se fit à l'entrée de la tente indienne.

Le général prince Kourakine, ambassadeur de Russie près de la cour de France, se précipita sous la tente impétueusement; il avait le visage inondé de sueur, ses cheveux et ses habits étaient en désordre.

Derrière lui accourait le maréchal de Tessé, suivi de trente gardes du corps chargés de veiller sur la personne du czar.

—Sire! sire! s'écrièrent en même temps le maréchal et Kourakine; au nom de Dieu! arrêtez!

Tout le monde se regarda.