D'ordinaire, le soir, c'était un endroit isolé, très-couvert et très-sombre, spécialement surveillé par messieurs les gardes françaises.
Comme le bossu sortait de la tente, il vit en avant du massif l'armée entière de Gonzague qui s'était reformée là après sa déroute. On causait de lui, précisément. Oriol, Taranne, Nocé, Navailles et autres, riaient du mieux qu'ils pouvaient, mais Chaverny était pensif.
Le bossu n'avait pas de temps à perdre, apparemment, car il alla droit à eux.
Il mit le binocle à l'œil et fit mine d'admirer le décor, comme au moment de son entrée.
—Il n'y a que M. le régent pour faire ainsi les choses, grommelait-il; charmant... charmant...
Nos joueurs s'écartèrent pour le laisser passer.
Il fit mine de les reconnaître tout à coup.
—Ah! ah! s'écria-t-il; les autres sont partis aussi... au doigt!... eh! eh! eh!... au doigt!... la liberté du bal masqué... Messieurs, je suis bien votre serviteur.
Personne n'était resté sur sa route, excepté Chaverny. Le bossu lui ôta son chapeau et voulut suivre sa route. Chaverny l'arrêta.
Cela fit rire le bataillon sacré de Gonzague.