Dona Cruz ne s'attendait point à cela.
—Tu as réfléchi, depuis tantôt?
—J'ai prié... Quand on prie, les choses obscures deviennent claires...
Dona Cruz se rapprocha vivement.
—Dis-moi ce que tu as deviné? fit-elle.
Il y avait là encore plus d'intérêt affectueux que de curiosité.
—Je suis prête, répéta Aurore; prête à mourir.
—Mais il ne s'agit pas de mourir, pauvre petite sœur...
—Il y a longtemps, interrompit Aurore d'un ton de morne découragement, que j'ai eu cette idée pour la première fois... C'est moi qui suis son malheur, c'est moi qui suis le danger dont il est menacé sans cesse... C'est moi qui suis son mauvais ange... Sans moi, il serait libre, il serait tranquille, il serait heureux!
Dona Cruz l'écoutait et ne la comprenait pas.