Peyrolles, repoussé rudement, recula jusqu'à la cloison. Le bouquet s'échappa de ses mains, et le bossu le foula aux pieds froidement.
Toutes les poitrines furent déchargées d'un fardeau.
—Qu'est-ce à dire? s'écria Peyrolles qui mit l'épée à la main.
Gonzague regarda le bossu avec défiance.
—Pas de fleurs! dit celui-ci; moi seul ai désormais le droit de faire de ces cadeaux à ma fiancée... Que diable! vous voilà tous consternés comme des gens qui ont vu tomber la foudre... Rien n'est tombé qu'un bouquet de fleurs fanées... J'ai laissé aller les choses pour avoir tout le mérite de la victoire... Rengainez, l'ami,... et vite!
Il s'adressait à Peyrolles.
—Monseigneur, reprit-il, ordonnez à ce chevalier de la triste figure de ne point troubler nos plaisirs... Bonté du ciel! je vous admire!... vous jetez comme cela le manche après la cognée... vous rompez les négociations... Permettez-moi de ne pas renoncer si vite!
—Il a raison! il a raison! s'écria-t-on de toutes parts.
Chacun se raccrochait à ce moyen de sortir du noir.—La gaieté n'avait pu prendre dans le salon de Gonzague cette nuit.