—Si cet homme vient seul..., commença Navailles sans prendre souci de cacher sa répugnance.
—Monseigneur! monseigneur! dit Peyrolles; ceci, croyez-moi, est affaire à Gautier-Gendry et à ses cousins!
Gonzague regardait ses affidés, les sourcils froncés et la lèvre tremblante.
—Sur ma vie! s'écria-t-il au dedans de lui-même; ils y viendront!... Je les veux esclaves!... ou la Sainte-Barbe sautera!
—Fais comme moi, dit tout bas Cocardasse junior à Passepoil; c'est le moment!
Ils s'avancèrent tous deux, solennellement drapés dans leurs manteaux de bravaches et vinrent se camper au devant de Gonzague.
—Monseigneur, dit Cocardasse, trente ans d'une conduite honorable, je dirai même chevaleresque, militent en faveur de deux braves que les apparences décevantes semblent accuser... ce n'est pas en un seul jour que l'on ternit ainsi le lustre de toute une existence!... Regardez-nous et regardez M. de Peyrolles, notre accusateur...
Il était superbe, ce Cocardasse junior en disant cela. Son accent ultra-gascon prêtait je ne sais quelle saveur à ces paroles choisies. Quant à frère Passepoil, il était toujours bien beau de modestie et de candeur.
Ce malheureux Peyrolles semblait fait tout exprès pour servir de point de comparaison. Depuis vingt-quatre heures sa pâleur chronique tournait au vert-de-gris. C'était le type parfait de ces audacieux poltrons qui frappent en tremblant, qui assassinent avec la colique.
Gonzague songeait. Cocardasse reprit: