—Est-ce vrai, cela? s'écria la princesse charmée, est-ce que tu m'aimes autant que lui?
Aurore se laissa aller dans ses bras en murmurant:
—Que ne l'avez-vous connu plus tôt, ma mère.
La princesse la dévorait de baisers.
—Écoute! disait-elle; je sais ce que c'est qu'aimer un homme... mon noble et cher époux qui m'entend et dont le souvenir emplit cette retraite, doit sourire aux pieds de Dieu en voyant le fond de mon cœur... oui, je t'aime plus que je n'aimais Nevers, parce que mon amour de femme se confond avec mon amour de mère... c'est toi, mais c'est lui aussi que j'aime en toi, Aurore, mon espoir chéri, mon bonheur... Écoute! pour que tu m'aimes, je l'aimerai... Je sais que tu ne m'aimerais plus, tu l'as écrit, Aurore, si je le repoussais... Je lui ouvrirai mes bras...
Elle pâlit tout à coup parce que son regard venait de tomber sur dona Cruz.
La gitanita passa dans un cabinet dont la porte s'ouvrait derrière le lit de jour.
—Vous lui ouvrirez vos bras, ma mère! répéta Aurore.
La princesse était muette et son cœur battait violemment.
Aurore s'arracha de ses bras.