Il saisit son chapeau et le brandit en criant:

—France! France! Regarde vers l'Occident, brave Bussy! La fortune t'arrive de France!

—Mon oncle, dit Mlle de Vandes, voici un petit papier qui s'est échappé de la lettre.

—Ne m'arrête pas, chérie, répliqua Dupleix, qui, pourtant, prit le papier et l'approcha de la lumière.

Il était radieux et ajouta, avant de lire, sur un ton de véritable gaieté:

—Je parie que la pensée du pot au lait de Perrette vous est venue à tous les deux. Je ne m'en fâche pas, mes enfants. C'est un gros pot au lait que l'Atalante, mais qui peut se fêler, c'est vrai, car il y a bien des récifs depuis les côtes du Bengale jusqu'à la rade de Lorient.

Ses yeux se portèrent sur le petit papier, et il se mit à rire en haussant les épaules.

—Que me fait cela? s'écria-t-il. Figurez-vous que ces nouvelles de Bussy me sont venues par la Compagnie même où j'ai conservé quelques intelligences? Et certes, la source n'est pas suspecte, car ils n'ont point coutume de chanter les louanges de ce pauvre Bussy dans les bureaux de la Compagnie... Voilà donc ce que c'est: l'employé qui me sert en cachette a pris la peine de glisser ce chiffon sous l'enveloppe pour me prévenir que les directeurs ont découvert mon adresse à Paris et qu'on va lancer contre moi la meute des recors... Il m'engage à changer d'hôtellerie: à quoi bon? J'aurai de quoi payer avec l'Atalante... Veux-tu m'accompagner, Jeanneton? Tu ne peux rester en tête-à-tête avec le chevalier, viens...

—Et la seconde lettre? interrompit celui-ci.

—La lettre d'Angleterre? s'écria Dupleix. Voilà qui m'est bien égal!... Donne tout de même.