Le chevalier protesta de son innocence.
—Mais alors, dit le marquis avec défiance, comment M. le duc saurait-il que tu es ici?
—Je me le demande, répondit d'Assas.
—En tout cas, reprit M. de la Beaume, qui lui serra chaleureusement les deux mains, j'espère que tu n'as pas à te plaindre de mon accueil!
—Moi! par exemple! Tu t'es montré pour moi l'excellent camarade d'autrefois...
—Bien, bien, Nicolas, je souhaite que tu sois sincère. Je te prie de ne point dire à M. le duc avec quelle liberté je me suis exprimé devant toi sur diverses matières. Ces sujets sont brûlants et un homme comme lui, passionné pour le bien de l'État, usant ses forces au service du roi... Enfin j'aurais pu exprimer autrement, c'est certain, toute l'admiration que m'inspirent son dévouement fidèle d'un côté, son patriotisme de l'autre. Depuis le cardinal de Richelieu (si tu es vraiment mon ami, tu n'oublieras pas que j'ai choisi ce terme de comparaison), depuis le cardinal, on n'avait pas vu pareil homme d'État. Et demande tout ce que tu voudras, tu sais, excepté ma place.
Il ouvrit la porte derrière laquelle était Germain et pressa d'Assas sur son cœur en ajoutant:
—Bonne chance, ami, cousin et camarade; on aura beau te combler, tu n'auras jamais tout ce que je te souhaite!
Germain se mit à marcher à grands pas, traversant une enfilade de pièces somptueusement ornées, et le chevalier le suivit.
Ils arrivèrent ainsi à une antichambre assez vaste, où quatre fonctionnaires qui vous avaient des poses de gentilshommes étaient debout.