Je crus avoir mal entendu.
—Mort! Albert serait mort! m'écriai-je.
—Bien, bien. Ce triste événement m'a aussi donné un coup. Je vous avais dit que je vous reparlerais de lui avant de nous quitter, et peut-être que ce fait divers ne sera dans votre journal que demain. Voilà: il paraît que sa donzelle.... Comment l'appelez-vous?
Je me souvenais du nom de Fanchette qui revenait si souvent dans les lettres d'Albert.
Je le balbutiai. J'étais atterré.
M. Louaisot, tout en mangeant son rôti sous le pouce, tenait toujours fixé sur moi son regard tranchant qui me blessait et m'inquiétait.
Il me semblait deviner une menace dans ce regard.
—C'est ça! fit-il avec un singulier sourire, méchant et bonhomme à la fois, c'est parbleu bien ça! Fanchette!... Quoiqu'elle ait peut-être encore un autre nom. Il s'arrêta. Évidemment son regard me provoquait.
Je restai muet. J'étais frappé plus que je ne puis dire par l'annonce de cette mort prématurée, à laquelle ma raison refusait d'ajouter foi.
—Mais que nous importent les autres noms qu'elle peut avoir? poursuivit M. Louaisot sans perdre un coup de dents. Celui de Fanchette suffit amplement à caractériser la particulière. À bon entendeur, salut, M. Thibaut! Donc, Fanchette, puisque Fanchette il y a, se mêlait d'être jalouse. Ce n'est pas rare, et quand elles ne le sont pas elles font semblant, c'est leur état. Or, ce pauvre Rochecotte s'était mis en tête de faire une fin....